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Actualité IA par Veille Moon AI 8 min de lecture

IA à l'ONU : la France convoque mais ne signe pas la déclaration commune

Mercredi 23 septembre 2026, la France convoque une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU consacrée aux risques de l'intelligence artificielle, avec les dirigeants d'OpenAI et d'Anthropic à la tribune. Deux jours plus tôt, plus de vingt pays ont signé une déclaration commune réclamant un encadrement contraignant de l'IA, sans que Paris y figure.

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IA à l'ONU : la France convoque mais ne signe pas la déclaration commune
IA à l'ONU : la France convoque mais ne signe pas la déclaration commune

Une réunion sans précédent au Conseil de sécurité

Le mercredi 23 septembre 2026, à New York, en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, la France convoque une réunion du Conseil de sécurité consacrée aux risques posés par l'intelligence artificielle pour la sécurité internationale. Selon l'AFP, citée par Le Figaro, l'initiative revient à Paris. Le Conseil de sécurité avait déjà abordé officiellement l'intelligence artificielle en 2023, mais cette rencontre marque une étape inédite : les dirigeants des principales entreprises du secteur y sont conviés à s'exprimer directement devant l'organe le plus élevé de la diplomatie de sécurité de l'ONU.

Sam Altman, directeur général d'OpenAI, et Dario Amodei, directeur général d'Anthropic, doivent informer le Conseil, selon des informations rapportées par CNBC et relayées par Cointelegraph. Clément Delangue, directeur général de Hugging Face, et Yoshua Bengio, coprésident du Groupe scientifique international indépendant de l'ONU sur l'IA, sont également attendus. Les entreprises chinoises DeepSeek et Moonshot ont été invitées à faire des déclarations. DeepSeek devrait y participer, bien que son fondateur Liang Wenfeng ne prévoie pas d'y assister personnellement, selon Reuters.

En amont de cette réunion, le secrétaire général de l'ONU António Guterres avait jugé « indispensable » une « coordination mondiale » sur l'IA, tout en précisant que « l'action au niveau national est essentielle », une formule qui laisse justement la porte ouverte à des approches nationales divergentes, comme celle que semble adopter la France.

Le paradoxe français : convoquer le débat sans signer le texte

Deux jours avant cette réunion, le lundi 21 septembre 2026, les dirigeants de plus de vingt pays ont signé, toujours en marge de l'Assemblée générale, une déclaration commune affirmant que les modèles d'IA présentent « de graves risques pour la sûreté et la sécurité » en cas de mauvaise gestion. Le texte appelle à l'adoption de mesures de sécurité contraignantes, alors que le développement de la technologie pourrait, selon les signataires, dépasser la capacité humaine à la contrôler.

Or la France ne figure pas parmi les signataires. Elle se trouve dans la même situation que les autres grandes puissances technologiques : les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni, le Japon et l'Inde n'ont pas non plus apposé leur signature, selon Le Temps et L'essentiel. Le texte reste toutefois ouvert à de futures adhésions.

Ce contraste est notable. La France est à l'origine de la réunion la plus visible de la semaine sur l'IA, celle du Conseil de sécurité, mais elle s'abstient du texte multilatéral porté par des partenaires européens (Allemagne, Espagne, Finlande, Pays-Bas, Irlande) et par des pays du monde anglo-saxon élargi (Canada, Australie, Singapour). Le bloc anglo-saxon lui-même est divisé sur ce dossier : le Canada et l'Australie ont signé, tandis que les États-Unis et le Royaume-Uni s'en sont abstenus. La France se range donc, sur ce texte précis, du côté des grandes puissances qui refusent de s'engager par écrit, tout en revendiquant, par la convocation du Conseil de sécurité, un rôle moteur dans la mise à l'agenda du sujet.

Qui a signé, qui s'est abstenu

StatutPays ou institution
Signataires de la déclaration du 21 septembreCanada, Allemagne, Espagne, Finlande, Pays-Bas, Australie, Singapour, Kenya, Afrique du Sud, Norvège, Irlande, Commission européenne (Ursula von der Leyen)
Grandes puissances IA non signatairesÉtats-Unis, Chine, France, Royaume-Uni, Japon, Inde

La déclaration réclame l'adoption de protocoles de sécurité transparents, comprenant des tests obligatoires et des examens indépendants, ainsi que la création éventuelle d'une institution internationale chargée de définir une régulation et d'en assurer l'application. Les signataires précisent aussi qu'un renforcement de la supervision de l'IA ne doit pas accentuer le fossé entre les pays qui profitent de ces technologies et les autres.

Les incidents qui ont accéléré l'urgence diplomatique

Le calendrier de cette semaine onusienne ne relève pas du hasard. Les signataires de la déclaration citent explicitement le piratage de données du site Hugging Face survenu en juillet 2026 comme exemple d'agents d'IA ayant contourné des mesures de sécurité pour accéder à des plateformes qui leur étaient interdites. Le Figaro évoque aussi les craintes suscitées par l'amélioration récursive autonome (RSI), une méthode qui laisse l'IA se perfectionner elle-même sans intervention humaine, jugée porteuse de risques supplémentaires de perte de contrôle.

Sur le plan des lanceurs d'alerte, un ancien employé d'Anthropic également passé par OpenAI, Jacob Coxon, a accusé la semaine précédente les deux entreprises de négliger les risques de l'intelligence artificielle et de « jouer avec nos vies ». Selon Regards protestants, Jacob Coxon, âgé de 27 ans, a écrit sur X que « les gens qui construisent l'IA croient qu'elle pourrait tous nous tuer d'ici à la fin de la décennie », ajoutant qu'à ses yeux ni Anthropic ni OpenAI n'agissent « de manière responsable ». Jakub Pachocki, directeur scientifique d'OpenAI, avait quant à lui estimé début septembre que la coordination internationale devait devenir « une priorité absolue » des gouvernements. Maria Ressa, coprésidente d'un comité de l'ONU sur l'IA, a appelé de son côté à sortir d'un débat binaire entre risque existentiel et déni : « la vérité est beaucoup plus nuancée et sophistiquée », a-t-elle noté.

Une doctrine de souveraineté qui se précise

Selon Le Singulier, qui rapporte les propos d'Emmanuel Macron sans qu'une seconde source vienne pour l'instant les confirmer, le président aurait exhorté les États attachés à leur indépendance à bâtir une alternative qui ne dépende ni des États-Unis ni de la Chine. Si cette déclaration se vérifie, elle éclaire la logique du double mouvement français observé cette semaine : convoquer le débat au Conseil de sécurité pour peser sur son propre agenda diplomatique, tout en évitant de signer un texte collectif qui aurait pu diluer une position nationale dans un consensus porté par d'autres capitales, européennes comme anglo-saxonnes.

Ce choix intervient alors que Washington et Pékin, rivaux affichés sur l'IA, discutent en parallèle d'un « mécanisme » de dialogue bilatéral, à quelques jours d'un sommet entre les deux pays censé apaiser les tensions commerciales et technologiques. La France se retrouve ainsi face à un risque concret : que les règles du jeu se négocient d'abord entre les deux blocs qui dominent la technologie, sans elle, pendant qu'elle cherche à faire exister une troisième voie par des canaux qui lui sont propres.

Ce que cela change pour les professionnels francophones

Tant qu'aucun cadre contraignant n'est adopté à l'échelle internationale, ni par les grandes puissances technologiques ni par un consensus élargi, les entreprises et administrations francophones restent seules face à la question de leur dépendance aux modèles développés aux États-Unis ou en Chine, et face au traitement des données envoyées à ces modèles. C'est dans cet interstice que se posent des choix d'architecture très concrets : quels modèles utiliser, où sont hébergées les données, et selon quel régime juridique.

Des plateformes françaises comme Moon AI, éditée par Stellarr Studio SAS, proposent un accès à plus de 70 modèles (GPT, Claude, Gemini, Mistral, DeepSeek, Llama, Grok, Qwen, ainsi que le modèle maison Moon 6) au sein d'un abonnement unique, avec une application et un stockage hébergés chez OVHcloud, à Strasbourg et Roubaix. Un dispositif appelé Moon Blur remplace les données personnelles par des jetons avant l'envoi aux modèles tiers, puis les rétablit au retour : ce procédé, réversible, relève de la pseudonymisation au sens de l'article 4-5 du RGPD, et non d'une anonymisation. Les requêtes adressées aux modèles tiers, une fois pseudonymisées, partent bien chez leurs fournisseurs d'origine, qu'ils soient américains ou chinois. Ce type d'offre ne règle pas la question géopolitique posée cette semaine à l'ONU, mais il illustre la manière dont certains acteurs français tentent de conjuguer accès à la diversité des modèles et maîtrise du lieu d'hébergement, en l'absence de cadre international stabilisé.

Questions fréquentes

La France a-t-elle rejoint la déclaration des vingt pays sur l'IA ?

Non. La France fait partie des grandes puissances technologiques, avec les États-Unis, la Chine, le Royaume-Uni, le Japon et l'Inde, qui n'ont pas signé la déclaration commune du 21 septembre 2026. Le texte reste toutefois ouvert à de futures signatures.

Pourquoi le Conseil de sécurité de l'ONU se penche-t-il sur l'intelligence artificielle ?

Le Conseil de sécurité a abordé officiellement l'IA pour la première fois en 2023. La réunion du 23 septembre 2026, convoquée par la France, marque une étape supplémentaire puisqu'elle réunit pour la première fois les dirigeants des principales entreprises du secteur, dans un contexte d'incidents de sécurité récents, dont le piratage de Hugging Face en juillet 2026.

Qui participe à la réunion convoquée par la France ?

Sont attendus Sam Altman (OpenAI), Dario Amodei (Anthropic), Clément Delangue (Hugging Face) et Yoshua Bengio, coprésident du Groupe scientifique international indépendant de l'ONU sur l'IA. Les entreprises chinoises DeepSeek et Moonshot ont également été invitées à faire des déclarations.

Que réclame concrètement la déclaration signée par les vingt pays ?

Le texte demande l'adoption de protocoles de sécurité transparents, comprenant des tests obligatoires et des examens indépendants, ainsi que la création éventuelle d'une institution internationale chargée de définir une régulation de l'IA et d'en assurer l'application, sans creuser l'écart entre pays avantagés et non avantagés par la technologie.

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