Le problème que 2.5 prétend résoudre : la seconde image
Pour qui produit des visuels avec l'IA au quotidien, le souci n'a jamais été la première génération. Un portrait satisfaisant, une photo produit correcte, un premier visuel de storyboard : la machine y arrive presque toujours. Le vrai test arrive à la seconde image. Demandez une modification et le visage change. Ajoutez un titre sur une photo produit et le texte devient illisible. Réclamez cinq cases avec le même personnage et il change de veste à chaque fois. C'est précisément ce défaut qu'OpenAI dit avoir ciblé avec ChatGPT Images 2.5, lancé le 8 septembre 2026 et déployé pour tous les utilisateurs de ChatGPT, ChatGPT Work et Codex, sur ordinateur, mobile et web, quel que soit le niveau d'abonnement.
Le contexte donne une idée de l'enjeu commercial : OpenAI indique que plus de 3 milliards d'images sont générées chaque semaine via ChatGPT Images et les modèles GPT-Image de son API. Cette version succède à Images 2, sorti en avril 2026, qui avait déjà apporté la résolution 2K, plusieurs formats d'image, le rendu ancré sur une recherche web et la prise en charge des langues non latines, avec deux niveaux d'intelligence, Instant et Thinking.
Ce qui a vraiment changé dans le modèle
Des détails moins "IA"
OpenAI annonce une lumière plus naturelle, des textures plus riches et moins d'artéfacts plastiques, ces motifs répétitifs qui trahissaient une image générée avant même qu'on comprenne pourquoi. Le résultat se rapproche davantage d'une photo ou d'une illustration soignée que d'un rendu synthétique.
Des personnages qui gardent leur visage
Pour les mascottes, ambassadeurs de marque ou personnages de BD, OpenAI affirme que le modèle préserve mieux le sujet d'une photo de référence et conserve ses traits distinctifs lors de nouvelles poses, scènes ou styles. C'est directement la panne décrite en introduction : le même visage doit pouvoir apparaître plusieurs fois sans dériver.
Des retouches qui ne dérivent plus
L'édition en plusieurs étapes, changer le fond, puis la lumière, puis une couleur, faisait dériver l'image vers autre chose. Selon OpenAI, Images 2.5 suit les instructions de modification de façon plus fiable sur plusieurs tours et les changements précédents restent en place : chaque retouche s'ajoute au travail existant au lieu de l'annuler.
Du texte enfin lisible
Le texte dans l'image (titres, étiquettes, emballages) trahissait souvent l'origine IA. OpenAI dit avoir amélioré la gestion des mises en page complexes, dont les fonds transparents, et produit un texte plus précis quand le contenu est court et clairement défini. Sur Felo, ce rendu de texte est annoncé dans plus de 50 langues et plus de 50 styles visuels.
Flare et Sunburst : deux modèles API pour deux usages
En parallèle du modèle ChatGPT, OpenAI publie deux variantes destinées aux développeurs via l'API, avec le même tarif que GPT-Image 2 : 8 dollars par million de jetons d'entrée image, 30 dollars par million de jetons de sortie image et 5 dollars par million de jetons d'entrée texte.
| Modèle | Usage recommandé | Compromis |
|---|---|---|
| GPT-Image-2.5 Flare | Choix par défaut pour la plupart des cas : contenu créateur et social, expériences produit, recherche visuelle, prototypage rapide, génération en volume | Qualité supérieure à GPT-Image 2 avec une latence réduite de 50 % |
| GPT-Image-2.5 Sunburst | Flux créatifs premium nécessitant un contrôle précis sur les modifications : campagnes prêtes à produire, visuels produits soignés | Temps de génération plus longs, précision accrue |
Un lancement qui n'efface pas toutes les zones d'ombre
Le forum communautaire d'OpenAI, où des développeurs commentent la sortie dès les premières heures, apporte une nuance utile pour qui doit budgétiser un usage professionnel. Plusieurs intervenants notent que le tarif par jeton reste identique à celui de GPT-Image 2, mais que la consommation réelle de jetons pour ces nouveaux modèles n'est pas documentée : le calculateur fourni par OpenAI pour GPT-Image 2 n'a pas été mis à jour pour la version 2.5, ni pour l'entrée ni pour la sortie. Un développeur signale aussi l'absence de tarification par lot (aucune case "batch" dans la page du modèle) et l'absence de limites de jetons par palier d'abonnement affichées à ce stade.
Un autre retour, plus opérationnel, décrit un comportement observé dans ChatGPT lorsqu'on utilise le mode "effort de raisonnement" : une image apparaît, puis un "retry" ou une retouche automatique la remplace de façon irrécupérable, sans possibilité de conserver la version initiale sauf à la copier immédiatement. Ce comportement ne se produirait pas en mode "instant", selon le même intervenant. OpenAI a depuis affiché un indicateur de progression et étiqueté "aperçu" l'image intermédiaire, ce qui suggère un comportement volontaire plutôt qu'un bug isolé. Deux nouveaux niveaux de qualité, "xhigh" et "max", ont par ailleurs été ajoutés côté API. Pour un graphiste qui travaille en série, ces détails comptent autant que les promesses de cohérence : une image qui disparaît sans prévenir coûte plus de temps qu'elle n'en économise.
Comment y accéder depuis la France, avec ou sans abonnement ChatGPT
Le modèle est disponible directement dans ChatGPT, ChatGPT Work et Codex, sans surcoût annoncé lié au palier d'abonnement. Pour tester sans engagement, la plateforme Felo propose un espace de travail navigateur donnant accès à GPT-Image 2.5 avec des crédits quotidiens gratuits, sans carte bancaire, sans clé API et sans installation. Felo annonce une sortie native jusqu'à 3840x2160 pixels, l'absence de filigrane, des droits d'usage commercial complets dès l'offre gratuite, et la plupart des rendus terminés en moins de dix secondes. Le même sélecteur donne aussi accès à GPT-Image 2, Nano Banana Pro, Nano Banana 2 Lite, Grok Imagine 2.0, Gemini 3.1 Flash Image et Grok Imagine, ce qui permet de comparer un résultat sans changer d'outil.
| Voie d'accès | Ce qu'il faut | Résolution / qualité annoncée | Point à vérifier |
|---|---|---|---|
| ChatGPT / ChatGPT Work / Codex | Un compte OpenAI, tous paliers d'abonnement acceptés | Outils intégrés : Sketch, modèles de mise en page, commentaires sur image, prompts partageables | Pas de détail tarifaire spécifique communiqué pour l'usage image en soi |
| API OpenAI (Flare / Sunburst) | Une clé API, facturation au jeton | Qualités jusqu'à xhigh et max | Consommation réelle de jetons non documentée par million d'images |
| Felo (espace de travail navigateur) | Inscription gratuite, aucune carte bancaire | Jusqu'à 4K natif, 50+ styles, texte en 50+ langues | Crédits quotidiens limités, offres premium pour davantage de volume |
Ce que cela implique pour les données envoyées à un modèle américain
OpenAI précise que le dispositif de sécurité d'Images 2.5 s'appuie sur les protections déjà en place : vérification des prompts et des images, métadonnées C2PA et filigrane invisible destinés à identifier un contenu généré par ses outils. Pour une PME française qui envoie des photos de produits, des visuels de marque ou des portraits de collaborateurs à ChatGPT, à l'API OpenAI ou à un espace comme Felo, la question qui se pose n'est pas seulement celle de la qualité du rendu : c'est aussi celle de la destination des données transmises, hébergées et traitées par des infrastructures situées hors de l'Union européenne dans le cas d'OpenAI.
D'autres plateformes françaises abordent cette question différemment. Moon AI, éditée par Stellarr Studio SAS, regroupe par exemple plus de 70 modèles, dont des familles GPT, Claude, Gemini, Mistral, DeepSeek, Llama, Grok et Qwen, sous un abonnement unique, avec un dispositif nommé Moon Blur qui remplace les données personnelles par des jetons avant leur envoi aux modèles tiers, puis les rétablit au retour. Ce procédé étant réversible, il s'agit d'une pseudonymisation au sens de l'article 4-5 du RGPD, pas d'une anonymisation. L'application et le stockage sont hébergés chez OVHcloud, à Strasbourg et à Roubaix, mais les requêtes adressées aux modèles tiers partent bien chez leurs fournisseurs une fois les données pseudonymisées. Ce n'est pas une alternative directe à ChatGPT Images 2.5, dont l'inclusion éventuelle n'est pas précisée dans les sources disponibles, mais un rappel utile : le choix d'un outil de génération d'image engage aussi un choix sur le trajet des données avant d'atteindre le modèle.
Foire aux questions
ChatGPT Images 2.5 résout-il vraiment le problème de cohérence des visages ?
OpenAI affirme que le modèle préserve mieux les sujets des photos de référence lors de changements de décor, de style ou de pose, et que les retouches successives n'annulent plus les précédentes. Les images publiées par Felo et par des développeurs sur le forum OpenAI illustrent des progrès concrets, mais aucune source ne permet d'affirmer que le problème est éliminé dans tous les cas d'usage.
Faut-il payer pour essayer GPT-Image 2.5 ?
Non. Felo propose un accès gratuit avec des crédits quotidiens, sans carte bancaire, sans clé API et sans abonnement ChatGPT. Des offres premium existent ensuite pour davantage de volume. L'accès via ChatGPT est inclus pour tous les paliers d'abonnement existants, sans détail tarifaire additionnel communiqué pour la fonction image spécifiquement.
Quelle est la différence entre Flare et Sunburst ?
Flare est le modèle par défaut, plus rapide, avec une latence réduite de 50 % par rapport à GPT-Image 2, adapté au contenu social, aux expériences produit et à la génération en volume. Sunburst vise les flux créatifs premium nécessitant un contrôle plus fin sur les modifications, avec des temps de génération plus longs. Les deux affichent le même tarif au jeton que GPT-Image 2.
Peut-on connaître le coût réel d'une image générée avant de l'utiliser en production ?
Pas avec certitude pour l'instant. Des développeurs sur le forum communautaire d'OpenAI signalent que le tarif par jeton n'a pas changé par rapport à GPT-Image 2, mais que la consommation réelle de jetons pour Flare et Sunburst n'est pas documentée, et que le calculateur fourni par OpenAI n'a pas été mis à jour pour ces modèles. Pour une PME qui doit budgétiser un volume de génération, cette absence de chiffrage précis reste un point de vigilance.