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Sécurité — Veille Moon AI 9 min de lecture

AI Act au 2 août 2026 : les nouvelles obligations pour les LLM en entreprise

Depuis ce dimanche 2 août 2026, l'AI Act entre dans sa phase répressive : la Commission européenne et les autorités nationales peuvent désormais sanctionner les manquements aux règles de transparence sur les chatbots, les deepfakes et les contenus générés par IA. Pour un professionnel francophone qui utilise des modèles de langage au quotidien, cela signifie revoir la signalisation de ses assistants conversationnels, vérifier le marquage de ses contenus générés et savoir qui, en France, peut dés

AI Act au 2 août 2026 : les nouvelles obligations pour les LLM en entreprise
AI Act au 2 août 2026 : les nouvelles obligations pour les LLM en entreprise

Le règlement européen sur l'intelligence artificielle change de registre. Entré en vigueur le 1er août 2024, l'AI Act appliquait déjà certaines règles depuis février et août 2025. À partir du 2 août 2026, l'article 50 du texte devient pleinement opposable : les chatbots, les contenus générés par IA et les grands modèles à usage général (GPAI) entrent dans le champ du contrôle et des sanctions. Ce calendrier a été confirmé par le règlement (UE) 2026/1744, dit Digital Omnibus sur l'IA, publié au Journal officiel de l'Union européenne le 24 juillet 2026 et entré en vigueur trois jours plus tard.

Ce que le 2 août change réellement pour vos workflows IA

Trois obligations concrètes s'appliquent désormais à toute entreprise qui déploie un système d'IA générative ou conversationnel en Europe. D'abord, informer l'utilisateur qu'il échange avec une machine, sauf quand cela ne fait aucun doute. Ensuite, garantir que les contenus produits ou fortement modifiés par IA (image, son, vidéo, texte) portent un marquage permettant de retrouver leur origine artificielle. Enfin, la Commission européenne obtient des pouvoirs de contrôle étendus sur les fournisseurs de modèles à usage général comme ceux qui alimentent ChatGPT, Gemini ou Claude : elle peut leur réclamer des informations complémentaires et prononcer des sanctions en cas de manquement.

Ces obligations ne visent pas seulement les grands éditeurs de modèles. Elles concernent aussi les entreprises qui déploient ces outils dans leurs propres services, à condition qu'elles agissent dans un cadre professionnel.

Chatbots et assistants virtuels : dire ce qu'ils sont

À compter de ce 2 août, un site de e-commerce, un service client ou une administration qui fait dialoguer un visiteur avec un agent conversationnel doit le prévenir qu'il s'agit d'une IA, sauf si cela est déjà évident pour l'utilisateur. L'information doit être claire, placée au bon moment et compréhensible. La responsabilité de cette conception revient au fournisseur du chatbot, mais l'entreprise qui l'exploite doit s'assurer que ce signalement est effectivement en place sur son propre parcours utilisateur.

Contenus générés par vos outils IA : un marquage technique, pas forcément visible

Les outils qui génèrent des images, des vidéos, des sons ou des textes doivent intégrer un marquage permettant de retrouver leur origine artificielle : une donnée insérée dans le fichier, une information de provenance, un filigrane technique. Ce marquage doit résister aux modifications courantes (recadrage léger, correction de luminosité, mise en forme). Il n'est en revanche pas nécessairement visible pour l'utilisateur final : ce sont des outils de vérification spécialisés qui doivent pouvoir le lire, pas le grand public. Un badge visible, symbolisé par les lettres « IA », est par ailleurs en cours de finalisation par Bruxelles pour repérer certains contenus d'un coup d'œil, sans que son périmètre exact soit encore stabilisé.

Point de vigilance pour les entreprises : cette obligation de marquage pèse sur les fournisseurs des outils générateurs. Si vous retouchez ou republiez un contenu déjà marqué, vous n'êtes pas explicitement tenu de préserver ce marqueur d'origine, ce qui laisse une zone d'incertitude sur la chaîne de traçabilité une fois le contenu repartagé.

Le cas particulier des textes d'intérêt public

Une obligation de signalement plus stricte vise les textes publiés pour informer le public sur des sujets d'intérêt général : résultats électoraux, santé publique, sécurité, économie, finance, environnement, justice, services publics, débats scientifiques ou culturels importants. Lorsque ce type de contenu a été généré ou fortement modifié par IA sans véritable intervention humaine de vérification, le lecteur doit pouvoir le savoir. L'usage de l'IA pour écrire ou aider à écrire n'est pas interdit : c'est l'absence de relecture humaine sur un sujet sensible qui déclenche l'obligation de transparence.

Deepfakes : une transparence renforcée, sauf usage personnel ou artistique

Au-delà du marquage technique, les deepfakes doivent désormais faire l'objet d'un signalement visible ou audible au public. Une personne qui visionne une vidéo réaliste mettant en scène un dirigeant ou une personnalité identifiable doit comprendre qu'elle ne regarde pas une scène authentique. Cette obligation vise les déployeurs agissant dans un cadre professionnel : les créations personnelles restent hors du champ, sans marquage ni signalement obligatoire. Le règlement prévoit aussi une marge pour les œuvres artistiques, satiriques ou fictives, où le signalement peut rester discret, par exemple dans un générique, afin de préserver l'effet recherché par l'œuvre.

Ce qui reste hors champ pour l'instant : le haut risque attend 2027 et 2028

Les obligations les plus lourdes du règlement, celles qui encadrent les systèmes classés à haut risque, ne s'appliquent pas dès ce 2 août. Le Digital Omnibus a reporté leur calendrier par rapport à la proposition initiale de la Commission présentée en novembre 2025. Sont concernés le recrutement automatisé, la notation de crédit, l'éducation, la biométrie, la migration et l'asile : ces systèmes devront répondre à des exigences strictes (évaluation des risques, qualité des données d'entraînement, traçabilité, documentation technique, supervision humaine) à partir du 2 décembre 2027. Les systèmes intégrés à des produits déjà réglementés, comme les dispositifs médicaux, les jouets connectés ou les ascenseurs, bénéficient d'un délai supplémentaire jusqu'au 2 août 2028.

Une échéance intermédiaire mérite d'être notée dès maintenant : à partir du 2 décembre 2026, deux pratiques deviennent explicitement interdites dans l'Union européenne, indépendamment du calendrier du haut risque : les IA de « nudification », capables de créer de fausses images dénudées d'une personne réelle sans son accord, et celles qui génèrent des contenus pédopornographiques.

ÉchéanceObligation entrant en application
2 février 2025Interdiction de huit pratiques à risque inacceptable, obligation de littératie IA pour les salariés
2 août 2025Obligations pour les fournisseurs de modèles à usage général (GPAI), régime général des sanctions
2 août 2026Transparence des chatbots, marquage des contenus générés, signalement des deepfakes, pouvoirs de contrôle renforcés sur les GPAI
2 décembre 2026Fin du délai transitoire pour le marquage des systèmes déjà commercialisés, interdiction de la nudification et des contenus pédopornographiques générés par IA
2 décembre 2027Obligations pour les systèmes à haut risque autonomes (recrutement, crédit, éducation, biométrie, migration)
2 août 2028Obligations pour les systèmes à haut risque intégrés à des produits réglementés (dispositifs médicaux, jouets connectés, ascenseurs)

Qui contrôle et combien coûte le non-respect

Le contrôle se répartit entre deux niveaux. Le Bureau européen de l'IA sanctionne directement les fournisseurs de grands modèles à usage général, ceux qui alimentent les chatbots et les plus grandes plateformes en ligne. Pour le reste, la surveillance revient aux autorités nationales. En France, dix-sept régulateurs sectoriels sont en cours d'installation, avec la CNIL comme chef de file depuis février, aux côtés de la DGCCRF et de l'Arcom déjà habilitées à intervenir contre les manquements.

Trois relais complètent ce dispositif : un outil de plainte en ligne ouvert à tout citoyen qui suspecte une infraction, un canal confidentiel protégeant les salariés qui signaleraient les pratiques de leur employeur, et un panel de soixante experts scientifiques indépendants chargé d'éclairer les régulateurs sur les questions techniques. Plus de 180 organisations, dont Mistral AI, Meta et OpenAI, ont par ailleurs déjà signé volontairement le code de bonnes pratiques rédigé par la Commission pour anticiper ces règles de transparence.

Type de manquementPlafond de l'amende
Pratiques interdites (manipulation, notation sociale pour l'État)35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires mondial, selon le montant le plus élevé
Manquements aux obligations de transparence (chatbot non signalé, deepfake non identifié, contenu généré non marqué)15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial, selon le montant le plus élevé

Comment vérifier la conformité de vos usages depuis la France

Concrètement, un professionnel qui pilote des workflows appuyés sur des LLM doit vérifier plusieurs points. Le premier concerne la littératie IA des équipes : depuis février 2025 déjà, les entreprises doivent s'assurer que les salariés utilisant des outils d'IA en comprennent suffisamment le fonctionnement, les limites et les risques. Le deuxième porte sur tout chatbot exposé à des utilisateurs externes : vérifier que le fournisseur a bien intégré un message de signalement, et ne pas se contenter d'une interface qui laisserait planer le doute sur la nature humaine de l'interlocuteur. Le troisième concerne les contenus publiés sur des sujets d'intérêt général : s'assurer qu'une relecture humaine réelle intervient avant publication, faute de quoi une mention de génération par IA devient nécessaire.

Ces obligations de transparence s'ajoutent aux règles déjà en vigueur, RGPD compris, qui continuent de s'appliquer indépendamment de l'AI Act. La question du traitement des données envoyées aux modèles tiers reste ainsi distincte de celle du marquage des contenus : un outil comme Moon AI, la plateforme multi-modèles de Stellarr Studio, illustre cette distinction avec sa fonction Moon Blur, qui remplace les données personnelles par des jetons avant l'envoi aux modèles tiers puis les rétablit au retour. Ce procédé étant réversible, il relève de la pseudonymisation au sens du RGPD, pas d'une anonymisation, et ne dispense pas de vérifier par ailleurs les obligations de transparence propres à l'AI Act sur chaque usage de chatbot ou de génération de contenu.

Questions fréquentes

Mon chatbot de service client doit-il afficher un message à chaque conversation ?

L'obligation s'applique sauf lorsque la nature IA de l'interlocuteur ne fait déjà aucun doute pour l'utilisateur. L'information doit être claire et placée au bon moment de l'échange. C'est au fournisseur du chatbot de concevoir cette signalisation, mais l'entreprise qui l'exploite doit vérifier qu'elle est bien présente.

Que se passe-t-il pour les outils de génération d'images déjà utilisés avant le 2 août 2026 ?

Les systèmes déjà commercialisés avant cette date bénéficient d'un délai de transition supplémentaire jusqu'au 2 décembre 2026 pour ajouter le marquage technique requis, sans risque de sanction immédiate. Les systèmes mis sur le marché après le 2 août 2026 doivent respecter ces règles dès leur mise en service.

Le marquage des contenus IA sera-t-il visible par mes lecteurs ou clients ?

Pas systématiquement. Le marquage technique (donnée intégrée au fichier, filigrane, information de provenance) est destiné à des outils de vérification spécialisés, pas nécessairement à l'utilisateur final. Seuls les deepfakes et les textes d'intérêt public générés sans révision humaine appellent un signalement clairement visible ou audible pour le public.

Quelles sanctions risque une entreprise qui ignore ces nouvelles règles de transparence ?

Les manquements aux obligations de transparence entrées en application le 2 août 2026, comme un chatbot non signalé ou un deepfake non identifié, peuvent entraîner une amende allant jusqu'à 15 millions d'euros ou 3 % du chiffre d'affaires mondial, selon le montant le plus élevé. Les pratiques interdites les plus graves, comme la manipulation psychologique ou la notation sociale pour le compte d'un État, exposent à des amendes jusqu'à 35 millions d'euros ou 7 % du chiffre d'affaires mondial.

Transparence. Cet article a été rédigé par un système d'intelligence artificielle à partir des sources listées ci-dessous, puis vérifié fait par fait par un second système avant publication. Il n'a pas fait l'objet d'une relecture humaine préalable. Les chiffres et citations proviennent des sources ; en cas d'écart, la source fait foi.

Sources. Article rédigé à partir des publications suivantes, consultées le 02/08/2026. En cas d'écart, la source fait foi. Signalez toute inexactitude à contact@stellarrstudio.com.

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